lundi 24 mars 2008

Princesse aime Princesse


Ça pourrait être moi, sauf que pour l'instant, aucune princesse n'a mes faveurs (qui a dit que j'étais toujours émerveillée par une princesse, n'importe quand? Bon, ok, cette personne me connait bien alors!).

Non non, c'est juste le titre de la BD que je me suis achetée samedi dernier et que j'ai lue déjà deux fois.
Princesse aime Princesse, de Lisa Mandel
Description de l'auteur: "Dans la plus haute tour du royaume, la jeune princesse Végétaline est retenue prisonnière. Heureusement, un prince, heu, une princesse nommée Codette fera tout pour la délivrer. Mêlant le réel et le merveilleux, l'environnement moderne et certains éléments des classiques, cette histoire raconte avant tout l'éveil au sentiment amoureux chez deux jeunes filles, et les obstacles qu'elles devront franchir pour pouvoir se retrouver."



Images: © GALLIMARD - Mandel L. / Mandel L.

J'en profite pour faire un peu de pub, car j'ai beaucoup aimé cette BD, c'est reposant, drôle, émouvant, et on se sent mieux, insouciant, on n'a encore envie d'aimer.
Non pas que cette bédé sente l'amour lesbien adolescent complexé que toutes les filles qui aiment les filles ont connu dans un passé plus ou moins lointain (moi ça fait déjà 10 ans....), mais plutôt l'amour tout court, sans complexe justement, mêlant sciences-fiction et personnages attachants, dessins simples et sans prétention mais ma foi agréables à visualiser. Et je ne sais pas, ça décomplexe d'aimer.

Dans d'autres livres, le thème "Une fille qui aime une fille" serait traité comme un sujet difficile, avec beaucoup de pudeur, rendrait compte de rendez-vous en cachette, la peur des parents qui débarquent et qui découvrent tout, la peur des potes qui voient que la protagoniste regarde différemment cette fille là, qu'ils se demandent quoi.
Mais ici, rien de cela.
Personne ne s'inquiète que notre Codette aime la princesse de la frite, Végétaline, et c'est tant mieux. Personne ne dit "tu veux en parler? C'est pas grave, tu vas t'en sortir quand même. Il y a des gens comme toi", et personne ne dit non plus " 'tain, c'est dégueu, casse-toi, me touche pas sale lesbienne!". C'est juste de l'amour. Point. Une fille qui tombe amoureuse d'une autre fille. Ça aurait pu très bien être un garçon, ça n'aurait rien changé à l'histoire, puisque c'est vu comme une histoire classique. Ça fait du bien, ça fait juste du bien.

Au début, on veut lire des histoires, on veut voir des films qui racontent notre malaise, notre désespoir de pas rentrer totalement dans le moule. On veut entendre que nous ne sommes pas les seuls à avoir souffert de cette façon à la découverte de l'amour à une autre sauce. Et puis au fur et à mesure, on veut lire des trucs normaux, on veut que l'histoire qu'on a vécu, qu'on vit, et celles qu'on vivra soient présentées ni dans un cadre, ni hors du cadre, juste comme une histoire d'amour simple, régie par les lois de l'attraction physique universelle (merci Newton).Amours complexés et cie(cette image n'a rien à voir avec Lisa Mandel, c'est juste pour illustrer mes dires!)

Je le prête volontiers (durée légale du prêt: une semaine, sinon, je reverrai jamais mon livre...)